Giovanni Papini, Histoire du Christ,
Paris, Editions De Fallois/l'Âge d'Homme, 2010
Le 23 mars 1921 paraissait à Florence
l'Histoire du Christ de Giovanni Papini, qui allait connaître un succès aussi
exceptionnel que durable dans le monde entier: 70.000 exemplaires du livre sont
vendus pour la seule année 1921. Les éditions se succèdent sans discontinuer,
les traductions, dans des dizaines de langues - dont la première traduction
française -, paraissent dès 1922.
Pour l'écrivain florentin il ne s'agit
pas d'ajouter un autre livre sur le Christ à ceux - fort nombreux - qui
existent déjà, mais bien de jeter les bases d'une nouvelle façon de vivre le
christianisme, aussi éloignée des facilités d'une foi paresseusement vécue et
transmise que des dogmes laïcs des sociétés modernes. C'est là l'enjeu de ce
livre et la raison profonde de son inaltérable actualité.
Plus que le résultat de sa conversion,
l'Histoire du Christ en est la cause. Une conversion rien moins que prévisible.
Cet intellectuel iconoclaste, figure de proue des avant-gardes, redoutable
polémiste, auteur des Mémoires de Dieu (1911) et d'Un homme fini (1913),
imprécateur, blasphémateur, y tient une sorte de journal de bord de sa
rencontre décisive avec le Christ - découvert dans les pages des Évangiles - et
aboutissant à la foi. Sa conversion est le résultat de son dialogue-combat avec
le Christ qui a duré quatorze mois.
Chaque page de l'Histoire du Christ met
au jour une forte tension de l'auteur vers le Christ et vers ses lecteurs. Le
Christ qui se dégage de ce récit commenté et dramatisé est un combattant de la
vérité et de l'amour. C'est en lui que Papini voudrait se reconnaître. C'est ce
Christ qu'il engage le lecteur non pas à admirer de loin, mais à prendre à
bras-le-corps, pour le connaître et le rendre présent dans sa vie.
Le lecteur français peut enfin
découvrir l'Histoire du Christ, ce maître-livre, ce récit incandescent, dans
l'admirable traduction que Gérard Genot donne, pour la première fois, de l'édition
définitive.
Traduction nouvelle de Gérard Genot
Préface de François Livi
J’aimerais
vous faire partager la découverte d’un livre magnifique, un classique qui est
un chef d’œuvre: Histoire du Christ de Giovanni Papini (Jean-François
Rod)
Giovanni Papini, Concerto Fantastique,
Paris, Editions l'Age d'Homme, 2010
|
·
Broché: 603 pages ·
Editeur: Editions l'Age d'Homme (21 janvier 2010) ·
Collection: Au cœur du monde ·
ISBN-10: 2825139866 ·
ISBN-13: 978-2825139868 Traduit de l’italien par Gérard
Genot Préface de François Livi Giovanni Papini, La vie de personne,
Paris, Allia, 2009
Esthète bavard,
agitateur volubile, il nous raconte un morceau de notre vie qui nous échappe;
ce moment qui dépasse la mémoire et commence par l’acte d’amour: "Moi je
me rappelle avoir été germe barbotant dans le sperme des testicules paternels
et je me rappelle avoir eu depuis lors une volonté extrême de vie et de
liberté." Et effectivement, ce gamète enragé s’installe dans le ventre
de sa mère pour prospérer sans égard pour elle. Ce voyage
intra-utérin offrira à l’embryon l’opportunité de clamer sa haine envers ses
géniteurs, son insatiable et absurde désir de vivre; avant d’éclore enfin, de
s’affranchir par la naissance – ce premier sanglot qui ne s’arrête jamais. Extrait: Qui peut dire mieux que moi à quel
point ma vie ne mérite pas qu’on en fasse l’histoire? Le Duc de Saint Simon a
déjà écrit, au dix-septième siècle, les paroles adéquates: "force vent
et parfait vide". Si moi je vous disais que je ne suis jamais né vous ne
le croiriez pas, et je veux m’épargner cet affront ainsi que tous les autres
que je pourrais aisément rencontrer. Mon but est autre et je ne le dirai qu’à
la fin, à la dernière page, dans l’avant-dernière ligne de la dernière page,
pour vous contraindre à lire tout ce qu’il me plaira de dire et inventer et
remémorer entre ces premières lignes et les dernières. Traduit de l’italien par Hélène
Frappat ·
Broché: 48 pages ·
Editeur: Editions Allia ·
ISBN-10: 284485298X ·
ISBN-13: 978-2-84485-298-4 Papini
en Personne de Pierre Assouline |
Maria Pia De PAULIS-DALEMBERT, Giovanni Papini. Culture et identité,
Presses Universitaires du Mirail, Toulouse, 2007
|
|
Personnalité controversée de son vivant déjà, Giovanni Papini continue de
susciter une grande attention critique en France et en Italie. De sa riche
activité culturelle, ce volume privilégie les aspects liés à sa vocation
d’intellectuel engagé dans la modernisation de la culture et dans le débat
historique de son époque. Papini a été tour à tour médiateur entre les
artistes italiens et les avant-gardes françaises, découvreur de la
philosophie intuitionniste de Bergson, fondateur de revues littéraires et
idéologiques et patriote favorable aux deux guerres mondiales au nom de la
reconstruction de l’identité nationale. Ces diverses facettes de son action
intellectuelle, qui ont fait de lui un esprit inquiet et un agitateur d’idées
dérangeant dans le panorama italien du XXe siècle, révèlent une grande
cohérence de pensée. La fidélité à une interprétation ethnique de la nation
et de l’histoire explique la continuité idéologique de Papini, mais aussi son
besoin constant de rupture. L’esprit de rébellion, la satire et la virulence
de ses propos sont soulignés au cours de sa longue fortune française. La
dernière partie de ce volume, qui retrace en effet la réception contrastée de
Papini en France, met en perspective son expérience créatrice et fournit, par
le truchement du regard français, une lecture globale de son œuvre. |
Giovanni Papini, Gog, Paris, Le Nouvel
Attila, 2007
|
|
GOG est le défilé cynique, maniaque et hyperbolique des artistes, des
inventeurs et des ingénieurs les plus originaux de leur temps, qu’un
milliardaire excentrique et cosmopolite fou, nommé Gog,
"collectionne" pour tromper son ennui. La "musique du silence",
la "sculpture invisible", la "chirurgie morale", la vente
aux enchères de la république... Tout, dans cette civilisation régie par le
nombre et par le progrès, finissant par se vendre, cet homme qui peut tout
acheter se meurt d’ennui et d’horreur. Solitaire invétéré, ne croyant plus à
rien, défiant l’espace et le temps, Gog est contre la modernité : mais aussi
contre le ciel, la terre, l’Histoire, la célébrité, les villes, la
littérature et la bonne santé. Amateur de contre-pieds, de paradoxes, de simulacres,
Papini délivre, avec humour et exagération, une vision du monde dénuée de
tout romantisme, mais ponctuée de quelques éclairs oniriques que n’auraient
pas renié Borges ou Chesterton. Philosophe, érudit et polémiste italien, Giovanni Papini (1881-1956) est
un jeune homme turbulent, "farfadet anti-académique" ayant épousé
toutes les avant-gardes. Figure centrale du bouillonnement intellectuel
florentin, il fut l’animateur de dizaines de revues iconoclastes, dont la
très futuriste Lacerba, et écrivit son autobiographie à l’âge de... 25 ans (Un Homme fini). Misanthrope riant, qui
rêvait d’organiser des autodafés hebdomadaires des manuscrits médiocres et
des livres sans talent, Papini est une "bombe textuelle" qu’il est
urgent de faire redécouvrir. Du même auteur viennent de paraître les
nouvelles fantastiques du Miroir qui fuit, dans la collection
"Bibliothèque de Babel" (FMR/Panama). Viré de Libé et de Charlie Hebdo pour sa vision trop radicale de l’actualité,
Rémi a publié plusieurs anthologies de dessins acides parus dans les
Nouvelles dieppoises. Habitué de Streetburger et d’Hôpital brut, auteur d’un
Manuel de la survie (éd. Jean-Pierre Faur), il fabrique aussi des mouches,
des jouets et des machines, et travaille régulièrement pour CQFD. (dal sito www.co-errances.org) |
Giovanni Papini, Le Miroir qui fuit, Paris,
Editions du Panama, 2006
|
|
Extrait de
l'introduction: Non sans une timidité ô combien justifiée, un Argentin de souche, de Rome
le rejeton éloigné, se risque à préfacer un livre de Gian Falco pour
des lecteurs italiens - c'est sous ce pseudonyme que j'ai fait sa
connaissance. Je devais avoir onze ou douze ans quand j'ai lu, dans un
quartier des faubourgs de Buenos Aires, Le Tragique quotidien et Le
Pilote aveugle, dans une méchante traduction espagnole. A cet âge, on
savoure la lecture, on en jouit et on ne juge pas. Stevenson et Salgari,
Eduardo Gutiérrez et Les Mille et Une Nuits, sont des formes du bonheur et
non pas matière à jugement. L'idée de comparer ne vous effleure même pas, le
plaisir vous suffit. J'ai lu Papini et je l'ai oublié. Sans m'en douter, je
me comportais de la manière la plus sagace - peut-être l'oubli est-il une
forme profonde de la mémoire. Quoi qu'il en soit, je veux rapporter une
expérience personnelle. À présent, en relisant ces pages si lointaines, je
découvre en elles, avec reconnaissance et stupéfaction, des fables que
j'avais cru inventer et que j'ai élaborées de nouveau à ma façon en d'autres
circonstances de l'espace et du temps. Plus importante encore a été la
découverte d'un climat en tout point identique à celui de mes fictions. Des
années plus tard, j'aborderais, sans davantage de chance, L'Histoire du
Christ, Gog et le livre sur Dante, volumes rédigés, comme on peut
le soupçonner, en vue d'en faire des best-sellers. Semblable à Poe, à n'en
pas douter l'un de ses maîtres, Giovanni Papini n 'entend pas que ses récits
fantastiques apparaissent comme réels. D'emblée, le lecteur éprouve
l'irréalité de l'atmosphère de chacun d'entre eux. J'ai mentionné Poe, on
pourrait ajouter que c'est là la tradition des romantiques allemands et des Mille
et Une Nuits. Ce propos d'irréalité correspond à ce que nous savons de sa
destinée, constamment guettée par la menace du cauchemar qui, au cours de ses
dernières années, le cerne inexorablement. Dépouillé de presque tous ses sens
par un mal profond, il dicte ses derniers "éclats" à sa
petite-fille Anna Paszkowski alors que seule lui reste la raison. Jorge Luis Borges L'ouvrage: Introduction de Jorge Luis Borges Le Miroir qui fuit |
Giovanni Papini, Un homme fini, Paris, Editions l'Age d'Homme, 2004

"Est-il
décent d'écrire son autobiographie à l'âge de trente ans? C'est précisément à
cet âge, en 1911, que Giovanni Papini commence à rédiger Un homme fini. Achevé en
1912, ce livre singulier paraît à Florence au début de l'année suivante.
Faut-il considérer Un homme fini comme une autobiographie culturelle? Et si tel
était le cas, ce projet peut-il justifier à lui seul le livre? Sans doute Un
homme fini relève-t-il en partie de ce genre, mais ses enjeux et les ambitions
de Papini vont bien au-delà. On ne saurait, autrement, expliquer le succès de
ce livre qui a été tenu, à juste titre, pour le miroir d'une génération. Un
homme fini est le roman d'une quête identitaire qui s'appuie sur la
constatation d'un échec. Celui-ci est, paradoxalement, le point de départ du
récit et non pas sa conclusion. L'échec d'un homme qui se sentait appelé à une
vocation prophétique et qui constate, en lui-même et autour de lui, la faillite
de son rêve messianique, plus que prométhéen, de diviniser l'homme, de le
transformer, par la pensée, par l'art en homme-dieu. En filigrane on lit
l'idéologie du surhomme de Nietzsche, qui n'épuise pourtant pas le projet de
Papini. C'est la faillite d'une pensée abstraite, désincarnée. Un homme fini
est une autobiographie existentielle, le récit d'une aventure de l'esprit où
seuls comptent les constructions, les errements, les enthousiasmes et les
mirages de la pensée." (Extrait de la préface de François Livi)
C'était
l'Europe d'avant 1914, avant la Grande Guerre qui, on le sait, fracassa tout un
monde. Ils avaient déjà publié, ou hésitaient à le faire, ils écrivaient depuis
longtemps, lisaient depuis plus longtemps encore: Proust, Schnitzler, Pessoa,
Svevo, Claudel, Cavafy et bien d'autres, dont tous les contemporains sont les
débiteurs. À cette liste, on doit ajouter le nom d'un écrivain injustement
oublié, même dans son pays où il avait été tour à tour admiré et controversé,
et peu traduit dans le nôtre. (L'itinéraire
tourmenté de Giovanni Papini de Francine de Martinoir)
·
Broché: 283 pages
·
Editeur: Editions l'Age d'Homme (15 décembre 2004)
·
Collection: L'AGE D'HOMME
·
ISBN-10: 2825116122
·
ISBN-13: 978-2825116128
Traduit de l’italien par Yseult
Pelloso
Préface de François
Livi
Rémi Rizzo, Le Fou de Dieu "Papini", Société des Ecrivains, 2000
|
|
Après avoir exalté Nietzsche et subi l'influence du futurisme italien,
Papini écrivain italien du XXe siècle, glorifie le christianisme à
la suite d'une conversion spectaculaire. Cet ouvrage met l'accent sur les talents de polémiste de l'ateur, en
reliant parfaitement l'homme à son oeuvre. En fait, l'apostat se révèle etre le fou du Christ. Papini nous donne une image vivifiante et substantielle du Christianisme. Le sujet de l'ouvrage est d'ailleurs très actuel car il traite du désir
de spiritualité qui sommeille en chacun de nous. Né en 1957 à Paris, l'auteur, passionné de littérature et d'histoire,
sintéresse fortement à l'importance du religieux dans la culture occidentale.
il souligne que le passage du paganisme au christianisme constitue l'une des
pierres angulaires de notre civilisation. |
Altre
edizioni:
Traduzioni
in francese:
Trois
nouvelles (Le dèmon m'a dit, Deux images dans un bassin, Celui qui ne put
aimer), traduit par
Paul-Henry Michel, in "Mercure de France", 1 novembre 1907
Histoire
du Christ, traduit par
Paul-Henry Michel, Payot, Paris, 1922
Le
crépuscule des philosophes: Kant, Hegel, Comte, Spencer, Nietzsche, traduit par Juliette Bertrand, Chiron, Paris, 1922 Le démon m'a dit -
Nouvelles et essais, traduit par Paul-Henry Michel, Payot, Paris, 1923 Un
homme fini, traduit par Henry-R. Chazel, Perrin et C., Paris, 1923
Saint
Augustin, traduit par
Paul-Henry Michel, Plon, Paris, 1930
Gog,
traduit par René Patris, Flammarion, Paris, 1932 Dante vivant, traduit
par Juliette Bertrand, Grasset, Paris, 1934
Les
temoins de la passion, traduit par Fernand Hayward, Grasset, Paris,
1938
Un homme
fini, traduit par G. Petit et Ch. Dessart, Charles Dessart,
Paris, 1942
Visages
découverts, traduit par
Georges Petit, Charles Dessart, Paris-Bruxelles, 1942
Lettres
aux homme du Pape Célestin VI, traduit par Juliette Bertrand, préface de Marcel Brion, Editions du
Pavois, Paris, 1948
Michel-Ange,
traduit par Fernand Hayward, Flammarion, Paris, 1950
Le
livre noir, traduit par Julien Luchaire, Flammarion, Paris, 1953
Le Diable,
traduit par René Patris, Flammarion, Paris, 1954
La
seconde naissance,
traduit par Philippe Marceliaire, préface de Daniel-Rops, Centurion, Paris,
1962
Le miroir
qui fuit, traduit par Nino Frank, préface de J.L. Borges, Retz/F.M.
Ricci, Coll. Bibliothèque de Babel n° 7, 1978
Remy de
Gourmont, traduit par Thierry Gillybœuf, in Nouvelle
Imprimerie Gourmontienne, n° 1, automne 2000
Critica
P.H.
Michels, Quelques mots sur l'"Histoire du Christ" de G. Papini,
Amiens, 1922
Juliette
Bertrand, "Trente ans d'amitié avec Papini" in Les Nouvelles
Littéraires, 24 fevrier 1949
Godelieve
Gerard, Giovanni Papini à la Recherche d'une Vérité absolue. Son évolution
spirituelle de 1903 à 1921, Université catholique de Louvaine, 1961
Vintila
Horia, Giovanni Papini, Wesmael-Charlier, Paris, 1963
Janvier
Lovreglio, Une odyssée intellectuelle entre Dieu et Satan. Giovanni Papini
(1881-1956), Lethielleux, Paris. Vol. I, L'homme, 1973. Vol. II, La
pensée, 1975. Vol. III, t. I, L'ecrivain, 1978. Vol. III, t. II, L'ecrivain,
1981
Alain
Goulet, Giovanni
Papini juge d'André Gide, Avec de nombreux inédits d'André Gide, de Giovanni
Papini et de plusieurs autres auteurs, Centre d'Études Gidiennes, Lyon, 1982
Maria
Carla Papini, Giovanni Papini: entre surréalisme et réalisme magique, in
Les assassins du clair de lune. Questions sur le Futurisme italien,
Marseille, Editions Via Valeriano, 1992.
La
société secrète des Métaphysiciens : Philippo De Pisis, Giovanni Papini,
Ardengo Soffici in L'Ennemi, Revue dirigée par
Gérard-Georges Lemaire, L'Italie de la métaphysique, 1994